Pour les lapins, nous allions ramasser de l'herbe aidé d'une faucille!...pas facile car c'était une faucille de droitier.
De l'herbe ! Mais pas n'importe qu'elles herbes: pas d'herbes mouillées.Surtout pas de trèfle qui les faisait gonfler, pas d'herbes trop tendre qui leur donnait la diarrhée, pas de mourron rouge qui les empoisonnait . Bien triste sort, pauvre lapin qu'on assommait d'un coup de gourdin, puis que l'on pendait par une patteet puis deux pour leur arracher un oeil, le sang giclait dans un bol ou nous avions pris soin de mettre du vinaigre, ce sang était utilisé pour faire un civet. Avec un couteau on entaillait le pourtour des pattes et l'on tirait la fourrure jusqu'à la queue, ainsi déshabillé, la peau était retournée puis bourrée de pailles ou tendue sur une baguette de coudre que nous ramassions dans la haie.
Je me souviens du gars R'né, pauvre homme ! qu'il a dû souffrir ... Il était imprégné de suint et de graisse. Nos chiens ne l'aimaient pas, ils étaient hargneux et quelquefois la chaîne cassait. Il lui arrivait de faire la sieste dans un fossé
Il passait à vélo et chargé comme un âne , il criait ! Vous avez quelquechose la maîtresse ? Si c'était un lapin blanc, la peau était plus chère, il repartait en criant : peaux de lapins ,peaux , chiffons , peaux.
J'ai vu mon père... mettre des peaux de lapins retournées, le poil à l'intérieur, attachées au guidon de son vélo pour se protéger du froid .
Il était une fois un vieil homme, assis à la porte d'une ville.
Un jeune homme s'approche de lui :
- " Je ne suis pas d'ici, je viens de loin ; dis moi, vieil homme, comment sont les gens qui vivent dans cette ville ? "
Au lieu de lui répondre, le vieillard lui renvoie la question :
- " Et dans la ville d'où tu viens, comment les gens étaient-ils donc ? "
Le jeune homme aussitôt, plein de hargne :
- " Egoïstes et méchants, au point qu'il m'était impossible de les supporter plus longtemps ! C'est pourquoi j'ai préféré partir ! "
Le vieillard répond :
- " Mon pauvre ami, je te conseille de passer ton chemin: les gens d'ici sont tout aussi méchants et tout aussi égoïstes ! "
Un peu plus tard, un autre jeune homme s'approche du même vieillard :
- " Salut, ô toi qui es couronné d'ans ! Je débarque en ces lieux ; dis-moi, comment sont les gens qui vivent dans cette ville ? "
Et le vieil homme de le questionner à son tour :
- " Dis-moi d'abord, là d'où tu viens, comment les gens étaient-ils ? "
Le jeune homme, dans un grand élan :
- " Honnêtes, bons et accueillants ! Je n'avais que des amis; oh que j'ai eu de peine à les quitter ! "
Le vieillard répond :
- " Eh bien, ici également, tu ne trouveras que des gens honnêtes, accueillants et pleins de bonté. "
Un marchand faisait boire ses chameaux non loin de là, et il avait tout entendu :
- " Comment est-il possible, ô vieil homme que je prenais pour un sage, de donner, à la même question, deux réponses aussi diamétralement opposées ? Serait-ce un poisson d'avril? "
- " Mon fils, déclara le vieil homme, chacun porte en son coeur son propre univers et le retrouvera en tous lieux. Ouvre ton coeur, et ton regard sur les autres et le monde sera changé."

Au fond du vieux refuge, dans une niche en bois,
Depuis deux ans je purge, d'avoir trop cru en toi.
Tous les jours je t'attends, certain que tu viendras,
Tous les soirs je m'endors, sans que tu ne sois là.
Pourtant je suis certain, je te reconnaîtrai,
Viens me tendre une main, je te la lécherai.
Tu te souviens très bien, quand je sautais sur toi,
Que tu me caressais, que je dansais de joie.

Que c'est il donc passé, pour que ce 16 juin,
Heureux que tu étais, je me rappelle bien,
Tu sifflais, tu chantais, en bouclant les valises,
Que tu m'aies attaché, là, devant cette église.
Je ne peux pas comprendre, et ne croirai jamais,
Que toi qui fus si tendre, tu sois aussi mauvais.
Peut-être es-tu très loin, dans un autre pays,
Mais quand tu reviendras, moi j'aurai trop vieilli.

Ton absence me pèse, et les jours sont si longs,
Mon corps s'épuise, et mon cœur se morfond.
Je n'ai plus goût à rien, et je deviens si laid,
Que personne, jamais, ne voudra m'adopter.
Mais moi je ne veux pas, que l'on me trouve un maître,
Je montre bien mes dents, et je prends un air traître,
Envers qui veut me prendre, ou bien me caresser,
Pour toutes illusions, enfin leur enlever.
Car c'est toi que j'attends, prêt à te pardonner,
A te combler de joie, du mieux que je pourrai,
Et je suis sûr, tu vois, qu'ensemble nous saurions,
Vivre des jours heureux, en réconciliation.

Pour cela, je suis prêt, à faire de gros efforts,
A rester près de toi, à veiller quand tu dors,
Et à me contenter, même si j'ai très faim,
D'un vulgaire petit os, et d'un morceau de pain.
Je n'ai jamais rien dit, lorsque tu m'as frappé,
Sans aucune raison, quand tu étais énervé,
Tu avais tous les droits, j'étais à ton service,
Je t'aimais sans compter, j'acceptais tous tes vices.
Tu m'as mis à la chaîne, ou tu m'as enfermé,
Tu m'as laissé des jours, sans boire et sans manger,
J'ai dormi bien souvent, dans ma niche sans toit,
Paralysé, raidi, tellement j'avais froid.

Pourtant, si tu reviens, nous partirons ensemble,
Nous franchirons en chœur, la porte qui ressemble,
A celle d'une prison, que je ne veux plus voir,
Et dans laquelle, hélas, j'ai broyé tant de noir.
Voilà, mon rêve se termine, car je vois le gardien,
Puis l'infirmière, et le vétérinaire plus loin,
Ils entrent dans l'enclos, et leurs visages blêmes,
En disent long pour nous, sur ce qu'ils nous amènent.

Je suis heureux, tu vois, car dans quelques instants,
Je vais tout oublier, et, comme il y a deux ans,
Je m'endormais sur toi, mon cher et grand ami,
Je dormirai toujours, grâce à …l'euthanasie.
Et s'il t'arrive un jour, de repenser à moi,
Ne verse pas de larmes, ne te prends pas d'émoi,
Pour toi, j'étais " qu'un chien ", tu préférais la mer,
Tu l'aurais su avant, j'aurai payé moins cher.
A vous tous les humains, j'adresse une prière,
Me tuer tout petit, aurait peiné ma mère,
Mais il eut mieux valu, pour moi, cette manière,
Et vous n'auriez pas eu, aujourd'hui, à le faire.
texte brigitte bardot
http://www.france-adot.org/index.php
A méditer
Un jour, un médecin constatera que mon cerveau a cessé de fonctionner et qu'irrémédiablement ma vie s'est
arrêtée.
Quand cela arrivera, voici mon testament
- Donnez mes reins à celui ou celle qui jour après jour, semaine après semaine va devoir pour vivre être contraint (e) d'être dialysé (e) via une
machine .
- Donner ma vue à une personne qui n'a jamais regardé le soleil se lever, n'a jamais pu
voir le sourire d'un enfant ...
- Donner mon coeur à une personne à qui le sien n'a jamais procuré que des souffrances
- Donner ce qui il y a de meilleur afin de redonner vie à quelques personnes dans
le besoin
- Brûler ce qui
reste de moi et disperser mes cendres afin qu'elles fertilisent notre terre et y fassent pousser des fleurs magnifiques.
- Si vous enterrez quelquechose, que ce soit mes fautes, mes faiblesses et tout ce que j'ai
fait de mal vis à vis de mes semblables.
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